(article paru dans Var Matin le 27/07/2010)
Coincé entre la gare de La Seyne et la zone commerciale d'Ollioules, le domaine des Olivades résiste à l'urbanisation.
Lorsqu'il a repris la terre familiale avec sa femme Denise, en 1984, Daniel Vuillon a d'abord ouvert un point de vente directe pour écouler ses fruits et légumes.
En parallèle, il fournissait des supermarchés de l'ouest toulonnais. « C'était très précaire et on a bien failli mettre la clef sous la porte », raconte Denise Vuillon.
C'est lors d'un voyage à New-York, en 2000, que le couple découvre le concept d'Association pour le maintien de l'agriculture paysanne.
Peu après, ils créaient la première Amap de France. « Au départ, nous n'avions que 40 familles. Aujourd'hui, nous en avons 210 qui nous assurent une production à l'année et un juste prix pour notre travail », explique Daniel Vuillon.
« Les gens savent d'où viennent Les produits »
Un succès qui découle notamment des crises alimentaires (vache folle, grippe aviaire, ...)- « tout est naturel les gens savent d'où viennent les produits. Et ils redécouvrent des variétés tombées dans l'oubli », poursuit-il. En dix ans, la clientèle a évolué. « La moyenne d'âge est de 33 ans. Ce sont beaucoup de jeunes parents », poursuit-il.
Grâce à l'Amap, le producteur a créé six emplois, dont quatre en CDI et deux saisonniers. « Cest le système le plus économiquement viable pour le producteur », souligne encore Daniel Vuillon. Aujourd'hui, ce pionnier parcourt le monde pour apprendre aux paysans des pays de l'Est, d'Afrique et d'Amérique latine à produire comme chez lui, dans une petite ville du Var.
Une relation solidaire
Les associations pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap) sont nées en 2001 dans le Var, avant de faire de très nombreux émules. Une Amap s'inscrit dans une démarche d'économie solidaire.
Il s'agit d'une forme de vente directe contraignante pour les consommateurs, qui s'engagent à acheter la production des paysans à l'avance. Produits de qualité assurés pour les uns, garantie de revenus pour les autres.
En principe, le système fonctionne sur le mode d'un abonnement qui permet à son souscripteur de venir chercher son panier de produits frais chaque semaine. Il n'y a aucune garantie en terme de quantité et de poids, car ce sont les coûts de production qui font le prix du panier.