Un problème ? Une solution !

C’est en réponse à une demande d’Attac Aubagne, de participer à un débat sur la « mal bouffe », en pleine crise de la « vache folle », en janvier 2001, que Daniel et Denise, proposaient ce concept comme une solution à leurs difficultés d’exercer et maintenir leur métier d’agriculteurs.

« Cela faisait un an que nous avions connu ce système lors d’une visite chez notre fille à New York mais, nous avons attendu que des militants soucieux du contenu de leur assiette, nous permettent d’en parler. C’est seulement quand ces consommateurs ont été informés, quand ils ont été « sensibilisés » que nous nous sommes lancés dans l’expérience du système avec eux.

Après avoir débattu du projet, de tout ce que nous savions sur le C.S.A (community supported agriculture) que nous avions visité aux USA, il s’est trouvé suffisamment de militants prêts à « agir » avec nous et nous permettre de démarrer cette expérience qui s’est avérée une bonne alternative économique.

Daniel et moi, nous étions prêts, et dans le groupe de consommateurs, certains se mobilisaient pour mener le projet.

8 avril 2001 : 1ère journée « portes ouvertes »

Après trois réunions de sensibilisation et d'informations, nécessaires pour rassembler les gens autour du concept, le 8 avril 2001, aux Olivades, avait lieu la 1ere journée « portes ouvertes » avec les consommateurs d’Aubagne. A cette journée « porte ouverte » nous avons raconté l’histoire de notre ferme et l’intérêt commun que nous avons, à défendre ces belles terres nourricières. Nous avons fait une présentation économique, et exposé nos difficultés conjoncturelles pour une meilleure compréhension des problématiques agricoles.

Nous savions que le concept était basé sur la confiance; pour mériter cette confiance, nous avons donc joué la transparence et donné tous les détails sur nos mode de cultures, leurs coûts, la bio diversité, notre choix de produire en saison et des fruits et légumes à forte valeur gustative. La visite des jardins a permis aussi le rapprochement avec le travail de la terre et la compréhension des éventuels aléas que nous aurions à partager dans l’Amap. Nous avons mis à plat tous les avantages pour nous, producteurs, à être soutenus, et tous les avantages que pourrait en tirer les « mangeurs » dans cette nouvelle façon de « consommer » dans une action de solidarité et pour une meilleure santé.

C’est ce jour là qu’est née la relation entre nous.

17 avril 2001 : 1ère distribution

Le 17 avril 2001 c’était la 1ère distribution de l’Amap avec 40 familles d’Aubagne dont certaines sont toujours à l’Amap et certains font partie du « comité de pilotage » ou Bureau de l'Association.

Pour l’organisation matérielle des rôles de nos partenaires et de l’organisation des distributions, j’avais pris le modèle de la CSA « Roxburry Farm » que j’avais visité à New York et toutes les informations que nous avait données Cathy Lorrens de Just Food ». (L’équivalent Alliance Provence des CSA de NY)

Développement d'autres Amap

Très vite, à cette Amap, s’est associé le développement des autres Amap. De nombreuses demandes d’information et d’installation nous arrivaient.

La 2ème Amap du Flayosquet (produits laitiers) naissait à Draguignan (Var) avec des consommateurs pionniers. La demande d’informations était de plus en plus forte, beaucoup de consommateurs avaient envie de se nourrir sainement dans le respect de l’espace naturel. Aussi, Daniel et moi nous avons commencé à aider à la création des Amap dans toute la région PACA sur le même modèle de cette 1ère expérience.

En octobre 2001, je transforme la clientèle de mon point de vente directe en proposant la création de la 2ème Amap aux Olivades avec 2 distributions de 50 familles. Le groupe d’Aubagne passe de 42 à 50 familles.

Pour faire la preuve que le concept Amap était une véritable alternative économique, à partir du printemps 2003 les Olivades passent 100% en Amap pour l’écoulement de la production auprès de 3 groupes de 70 familles. Il nous a semblé important de faire cette expérience du 100 % en Amap pour nous permettre de calculer les ratios : nombre de consommateurs/ surface utile, et de pouvoir calculer le véritable « prix du panier » puisque c’était notre seul revenu.

Cela nous a permis, outre le maintien de l’activité agricole aux Olivades, de créer 4 emplois permanents qualifiés alors que depuis 2 ans nous étions contraints de fermer notre point de vente directe en hiver et de n’avoir que des travailleurs saisonniers.

Au sein de la « Confédération Paysanne »

Nous avions présenté le système Amap à la Conf du Var et créé une commission « réseau de proximité ». Nous avons réuni les producteurs de la Conf pour les sensibiliser au concept, c’était la Commission Agricole au sein d'Alliance Provence. En même temps, nous faisions notre propre expérience de l’Amap, toutes les analyses et toutes les améliorations à apporter au système pour qu’il soit viable.

De cette commission agricole d’Alliance Provence est né le réseau des producteurs en Amap, qui prend un part importante dans l'accompagnement, dans les échanges, le savoir-faire et la formation des futures Amap, en complémentarité avec les structures techniques et de formation.

Mai 2001 : Alliance Provence

Avec les consommateurs pionniers d’Aubagne, nous créons Alliance Provence

A l’initiative de Daniel, le 10 mai 2001, les créateurs de la 1ère Amap, nous fondons ALLIANCE PROVENCE, s’appuyant sur l’Alliance Paysans Écologistes Consommateurs (Paris) qui en octobre 2000 avait fait passer au Secrétariat d’Etat à l’Economie Solidaire l’Appel à Projet rédigé par Édith, Denise et Daniel Vuillon, maraîcher à Ollioules (Var).

Le projet : présentation du système Amap et budget prévisionnel pour mise en application. Le projet a été retenu, et cela nous attribuait une 1ère aide de l’état. La Région Provence Alpes Côte d’Azur s’est aussi rapidement positionnée comme partenaire. Cette aide allait nous permettre de créer une structure régionale pour développer le concept et créer les autres Amap.

L'association « Alliance Provence » est une structure régionale associative. C'est un outil pour la coordination des demandes, pour répondre aux demandes d’informations et aider à la création et au développement des Amap en Région PACA. Les initiateurs (producteurs et consommateurs), au conseil d’administration d’Alliance Provence nous nous sommes beaucoup investis bénévolement dans la promotion du concept et sur le terrain de l’aide à la création d’Amap.

Le réseau des producteurs en Amap

Nous mettons toujours notre expérience de maraîchers en Amap au service des nouveaux producteurs en Amap pour transmettre notre expérience et former à l’agriculture spécifique en Amap.

  • nouvelles expériences d’organisation de la production en Amap
  • échanger sur les méthodes pour arriver à produire sain et pouvoir respecter la Charte des Amap.

Selon cette méthode, en 6 ans nous sommes 110 Amap maintenant en région Paca.

En 2003 les fondateurs d’Alliance Provence soucieux de garantir l’éthique des pratiques agricoles et sociales dans les Amap, nous proposons de faire une Charte des Amap

En 2004, pour se répartir géographiquement l’essaimage des Amap en PACA, je propose la création des antennes locales, 6 secteurs, avec, dans chaque antenne, la responsabilité partagée entre un référent consommateur et un référent producteur expérimentés en Amap pour développer le concept.

Au niveau national

La plupart des Amap actuelles en France sont nées de « Personnes Ressources » désireuse de « monter » une Amap. Nous nous sommes beaucoup déplacés dans toute la France, pour témoigner de notre expérience, à chaque fois que nous étions invités à le faire. De ces contacts sont des des personnes « Relais pour l'Essaimage des amap en France

On peu dire qu’il y a 600 Amap en France maintenant et le concept est toujours en développement. La demande des consommateurs est toujours forte. La situation des agriculteurs, malheureusement, toujours aussi préoccupante. C'est avec CREAMAPFrance que nous continuons à transmettre nos expériences pour la pérennisation du concept.

Denise Vuillon